
c Grande-Bretagne/scandale des notes de frais : le nouveau Secrétaire au Trésor contraint au coming-out et à la démission
Le ministre libéral-démocrate des Finances du nouveau gouvernement britannique a été poussé à la démission après les révélations de la presse sur des notes de frais indûment perçues en lien avec sa relation homosexuelle dissimulée avec son compagnon.
"Je ne sais pas comment je pourrais continuer mon travail crucial sur le budget et le contrôle des dépenses alors que je suis confronté aux conséquences privées et publiques des récentes révélations", a déclaré le secrétaire d'Etat au Trésor David Laws.
Le Daily Telegraph avait révélé vendredi que cet ancien banquier devenu millionnaire avait indûment perçu plus de 40.000 livres (47.100 euros) en notes de frais. Le ministre avait dû présenter ses excuses le soir même, avant de finalement démissionner.
David Laws a perçu en tant que député ces indemnités réclamées pour des chambres louées dans des maisons appartenant à son compagnon (photo), en contradiction avec une loi qui interdit depuis 2006 aux parlementaires "de louer un logement auprès d'un conjoint".
Le ministre a reconnu avoir réclamé pendant huit ans, entre 2001 et 2009, des indemnités - s'élevant jusqu'à 950 livres par mois selon le Telegraph - pour des chambres louées dans deux propriétés de son compagnon James Lundie.
Il s'est justifié en disant n'avoir cherché qu'à préserver le secret sur sa sexualité et sa relation avec James Lundie, un secret qui aurait été brisé s'il avait réclamé les indemnités auxquelles un parlementaire en couple a droit.
"Ma motivation n'a pas été de maximiser mon profit, mais tout simplement de protéger notre vie privée et de ne pas dévoiler ma sexualité", a expliqué le ministre démissionnaire.
Il a de plus assuré qu'il ne pensait pas violer la loi car James Lundie et lui ne vivaient pas comme deux conjoints.
"J'ai entamé une relation avec James Lundie vers 2001. Notre relation a été ignorée de nos deux familles et de nos amis pendant tout ce temps", a-t-il encore expliqué dans un communiqué.
"A aucun moment, ne me suis-je senti en violation des règles qui depuis 2009 définissent le compagnon comme 'le membre d'un couple qui, bien que non marié ou non engagé dans un partenariat civil, vit ensemble et se considère comme conjoints'", a-t-il ajouté.
"Bien que nous vivions ensemble, nous ne considérions pas comme conjoints, par exemple nous ne partagions pas nos comptes bancaires et nous avions des vies sociales séparées", a-t-il indiqué.
Mis en ligne le 31/05/2010

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